Bilan écologique de mon expatriation en Afrique du Sud [adresses inside]

En créant ce blog, l’un de mes objectifs était de porter plus haut mes convictions en évoluant vers un mode de vie encore plus sain, plus simple et plus respectueux de l’environnement. Consommer moins et mieux pour réduire mon empreinte sur la planète faisait d’ailleurs partie de mes résolutions 2015. Le défi était d’appréhender comment j’allais pouvoir maintenir le cap de l’eco-responsabilité en m’expatriant en Afrique du Sud. J’ai ainsi partagé pendant un an mes découvertes, mes bons plans et mes idées pour limiter au maximum mon empreinte écologique dans ce pays. Nous sommes désormais en 2017… Après le bilan personnel établi dès mon retour d’expatriation en mai 2016, je crois qu’il est presque l’heure de dresser le bilan écologique de mon année sud-africaine.

Pour en savoir plus sur les objectifs initiaux du blog, je vous invite à relire A propos et Qui suis-je.

 

BIlan écologique expatration Afrique du SudLesotho, mars 2016

 

L’explosion de mon empreinte écologique en Afrique du Sud et comment j’ai essayé de compenser au quotidien…

 

Je l’avais prédit : mon bilan carbone risquait d’être catastrophique en m’installant à Johannesburg ! Et je ne me suis pas trompée. Avec une estimation de 40 000 km parcourus en voiture, 12 vols intérieurs et 6 vols internationaux au compteur, je crois qu’il me faudrait deux vies en mode ermite au fin fond du Larzac pour espérer compenser mon empreinte écologique. Deux voitures en Afrique du Sud au lieu d’une seule en France, le moindre de nos déplacements effectués en voiture car rien (ou si peu) n’est conçu pour les piétons et les cyclistes à Johannesburg alors que je ne circulais au quotidien qu’en vélo ou en transports en commun dans mon ancienne vie à Ferney-Voltaire… et surtout une folle envie d’explorer à fond la Nation arc-en-ciel au cours de cette parenthèse dorée.

Le constat est implacable. Voyons maintenant comment je me suis organisée au quotidien pour essayer de compenser tout ça… voilà, voilà.

 

Une alimentation locale et « bio »… dans la mesure du possible

Sur le plan alimentaire, j’ai peu à peu établi une routine shopping pour consommer sainement : du bio et du local autant que possible, avec les bémols que je décris dans Des courses alimentaires saines à Johannesburg ?. Vous trouverez dans cet article toutes mes adresses pour bien s’alimenter sur Johannesburg.

Bio, local et… de saison ! Pour savoir quoi consommer à quelle période, je vous invite à lire Le Guide des fruits et légumes de saison en Afrique du Sud.

Cuisiner sainementMes petites créations culinaires en Afrique du Sud

J’ai cuisiné au quotidien afin de limiter au maximum les aliments transformés et préparés : yaourts maison, repas végétariens, gâteaux et biscuits maison, entre autres délices. J’ai beaucoup évolué dans ma façon de cuisiner végétarien, voire végétalien : veggie burgers, galettes d’avoine et légumes, légumes braisés ou farcis, salades croquantes, curry, houmous, en utilisant également les produits de notre petit potager… J’avais du temps, de l’inspiration et une immense envie de partager mes petits plats avec ma famille et mes amis. Pas évident en revanche d’imposer son style dans un pays où le barbecue 100% barbaque est une institution, mais je crois tout de même en avoir séduit quelques-un(e)s.

Du côté des restaurants, j’ai pu tester plusieurs établissements végéta*iens sur Johannesburg et ses environs où l’offre commence à se développer. [A lire : Les restaurants végétariens à Johannesburg].

 

Une année zéro shopping ou presque

Dans l’A Propos rédigé au lancement du blog, je développais un argumentaire sur la nécessité de désencombrer ma vie sur le plan matériel et réduire ma consommation en général pour m’alléger sur le plan spirituel et limiter mon empreinte sur la planète. Le départ en Afrique du Sud m’a offert la chance d’expérimenter ce nouveau mode de vie. Après un gros tri au cours du déménagement, nous sommes finalement partis avec quelques valises contenant le nécessaire pour profiter de la vie sur place. Pas de container pour une année d’expatriation. De la même façon, il nous fallait revenir avec un nombre aussi réduit de bagages, ce qui m’a aidé dans mon objectif de ne pas accumuler d’affaires sur place.

Pari réussi, même si les termes du contrat de mon mari ont finalement changé, nous offrant la prise en charge du déménagement pour le retour. Cela nous a permis d’expédier notre « surplus utile » plutôt que de le vendre ou de le donner, afin d’éviter d’avoir à racheter à notre arrivée en France, mais aussi de rapporter les présents que nos amis nous ont fait lors de notre départ… Ça n’a pas de prix ! J’avais bien entendu opéré un tri au préalable, et j’ai pu donner un certain nombre de choses à des associations locales. J’ai également organisé un tirage au sort lors de notre soirée de départ pour offrir à nos amis des choses que nous ne souhaitions par rapporter, tels que des livres, magazines, etc. Cette activité rigolote, lancée lors de notre premier déménagement à Grenoble, est devenue traditionnelle, une sorte de rituel de départ qui permet de s’alléger tout en maintenant un lien matériel entre ceux qui restent et nous qui partons.

La réussite de notre expatriation en toute légèreté tient principalement au fait d’avoir choisi de louer une maison entièrement meublée et équipée, de l’électroménager au linge de maison, ce qui nous a permis de ne pas perdre du temps et de l’énergie dans les magasins à notre arrivée afin de nous consacrer sur l’essentiel : vivre à fond notre expérience en Afrique du Sud en profitant de chaque instant de façon positive et constructive.

Sur le plan vestimentaire, je suis fière de déclarer que je n’ai (presque) rien consommé pour moi, si ce n’est une petite veste noire réalisée par une amie couturière, une paire de ballerines Pere en shweshwe (une marque sud-africaine de chaussures confectionnées à la main dont une partie des revenus est reversée à une association), une paire de tongs, un collier artisanal et un chapeau made in South Africa. J’ai refréné bien des élans… mais finalement, mon abhorration pour les grands centres commerciaux a eu raison de ces quelques tentations. J’ai partagé avec vous quelques adresses pour faire du shopping responsable à Johannesburg et à Cape Town. Dans tout le pays, vous pourrez dénicher de chouettes articles issus de l’artisanat local, de quoi se faire plaisir en soutenant la création sud-africaine.

Pour le reste, je me suis astreinte à une ligne de conduite stricte en terme d’achat, en veillant à consommer de façon éco-responsable autant que possible : éthique, écologique, local, naturel… Un conditionnement qui restreint drastiquement l’acte d’achat.

C’est pour mon fils que j’ai finalement effectué le plus d’achats. Au niveau des vêtements, j’ai découvert la marque sud-africaine éco-responsable Keedo : produits à Cape Town à partir de matériau locaux (moins de 2% des matières premières proviendraient de l’étranger) et souvent bio, dans des conditions éthiques, ces vêtements sont confortables et fun avec leurs dessins et textes engagés en faveur de la protection de notre planète ! La collection de la saison précédente était liquidée dans un magasin du centre commercial The Wedge à Morningside pendant toute la durée de notre séjour, et je m’y suis servie pour mon fils et pour honorer les nombreuses naissances qui ont eu lieu sur l’autre continent pendant notre absence.

keedoKeedo, une marque sud-africaine eco-responsable

 

Pour les plus petits, l’association Jobourg Accueil organise des ventes de vêtements d’occasion et il est possible d’y trouver son bonheur. C’est lors de ces ventes que j’ai également acheté de nombreux livres d’occasion en français pour mon fils. Pour les livres en anglais, c’était direction la bibliothèque de quartier, à Rivonia. Un article sur le sujet.

Au niveau des autres biens de consommation, nous avons effectué très peu d’achat, si ce n’est quelques ustensiles pour cuisiner (un verre doseur en métal émaillé, un plat à tarte), faire des yaourts (une yaourtière achetée d’occasion sur le site de Jobourg Accueil à une expatriée devenue une amie) et des savons maison (un mixer plongeant inox, un plat en Pyrex et des moules).

J’ai également fait réaliser des sacs à vrac et un tote bag en shweshwe par une couturière locale qui s’appelle Lizzie. Vous la verrez certainement lors des marchés solidaires de l’association Jobourg Accueil, où j’ai d’ailleurs pu trouver de jolis articles de fabrication artisanale tels que des pochettes, des porte-tarte, des petits bijoux… de quoi faire de jolis cadeaux de Noël tout en soutenant des associations locales, telles que le Wot-if? Trust ou encore La Crèche Gabrielle.

En Afrique du Sud, on pense aussi au marché de seconde main ! olx.co.za et gumtree.co.za (Leboncoin local), les groupes Facebook Les Amis de Jobourg (le groupe des expatriés francophones à Johannesburg) et Second Hand Johannesburg et les ventes de l’association Jobourg Accueil. Il y a également quelques antiquaires à Melville sur la 4th avenue, à Parktown North sur la 7th avenue et près de Northcliff sur Long road.

 

Des produits cosmétiques et ménagers écologiques

En ce qui concerne ma « routine beauté », elle est devenue plutôt minimaliste : démaquillage à l’huile végétale bio et à l’eau florale bio avec des carrés de coton lavables, hydratation à l’huile végétale, savons saponifiés à froid, shampoing naturel Earthsap et dentifrice bio. J’ai même appris à fabriquer mes propres savons saponifiés à froid ! En Afrique du Sud, il existe plusieurs marques locales de produits cosmétiques bio ou naturels telles que Pure Organics ou Earthsap, et on trouve également des marques internationales telles que Dr hauschka et d’autres encore.

routine beauté écoloA Tietiesbaai, où nous avons campé en janvier 2016… Pratique de n’avoir que l’essentiel lorsqu’on campe en milieu « hostile »

 

savons-maison-decoresMes petits savons maison, saponifiés à froid et emballés avec des matériaux recyclés et naturels

 

Pour l’entretien de la maison, j’ai pu trouver des produits écologiques à Fruits & Roots, notamment la lessive en poudre, le produit pour le sol et pour les toilettes Earthsap, économiques et efficaces. J’utilise aussi beaucoup le vinaigre d’alcool (j’ai fabriqué un pschiit-à-tout-faire à base de vinaigre et d’écorces d’agrumes) et le bicarbonate de soude.

 

Des activités au plus proche de la nature

Sur le plan des loisirs, notre vie s’articulait le plus possible autour d’activités « nature » : excursions dans le bush, randonnées, pique-nique dans des parcs, vélo… Retrouvez mes bons plans en consultant les articles suivants:

Afrique du SudObjectif : Nature

 

Et lorsque la nature n’était pas forcément accessible, on essayait de trouver des options à tendance écolo !

Nous nous sommes aussi lancés dans le jardinage en famille, une activité très plaisante qui nous a permis de récolter des légumes pendant quelques mois. J’ai d’ailleurs participé à un atelier sur la permaculture qui était très intéressant et qui m’a ouvert les portes d’un monde passionnant.

Quant à moi, j’ai eu cette chance immense de pouvoir me remettre à fond au yoga (studio Indie Yoga à Bryanston, qui a fermé ses portes à mon départ fin mars 2016), dont la pratique me procure beaucoup de bien-être sur les plans physiques et émotionnels, et m’accompagne donc dans ma quête d’une vie plus simple et plus saine.

 

Mais à des années lumière du zéro déchet…

Je ne suis pas parvenue à me lancer dans une démarche zéro déchet en Afrique du Sud, un pays où tout ou presque est emballé et sur-emballé, y compris les produits au marché, et où le vrac est très peu développé. Question recyclage, c’est très compliqué également. La ville de Johannesburg, mais également le pays tout entier, ont énormément de progrès à faire pour améliorer la gestion des déchets. Pour en savoir plus sur le sujet : 62 000 ramasseurs de déchets.

recyclage en Afrique du SudLa gestion des déchets est un enjeu de taille en Afrique du Sud (photos prises à Diepsloot et Ballito)

 

→ Le bilan écologique de notre année en Afrique du Sud n’est donc par parfait, loin de là… mais reflète une volonté de faire tous les jours un peu mieux, pour le bien-être de ma famille et de la planète, tout en essayant de sensibiliser autour de moi sur l’impact de nos choix de consommation et de nos modes de vie sur l’environnement.

 

Et depuis ?

Je poursuis mon petit bonhomme de chemin en semant des petites graines vertes dans mon quotidien !

J’ai fait quelques pas de plus en :

  • fabriquant mes produits ménagers (recettes à venir !),
  • ayant encore réduit mon nombre de produits de beauté, remplacé la brosse à dents en plastique par une en bambou et fabriqué de nouveaux produits cosmétiques,
  • testant tout plein de nouvelles recettes végétariennes ou véganes,
  • compostant les déchets organiques dans un lombricomposteur,
  • veillant à consommer de façon responsable pour des achats en conscience et dans la sérénité (je vous expliquerai un jour comment mon année sans shopping a modifié ma façon d’appréhender les choses sur le sujet),
  • reprenant un mode de vie piéton et cycliste la majeure partie du temps…
  • et surtout, en rencontrant des dizaines de personnes inspirées et inspirantes qui essaient de changer les choses à leur manière, et me donnent envie de continuer à croire qu’un autre monde est possible :-)

J’espère que cet article vous a plu. En cette fin de mois de janvier 2017 s’achève la période de bilan :

on se tourne vers le futur maintenant, en s’ancrant dans le présent !

Belle journée à tous,

Meli Green Seed

 

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Expatriation en Afrique du Sud : mon bilan personnel

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4 Commentaires

  1. arrivée depuis une semaine, et je suis effarée des sur-emballages et de l’épaisseur des films alimentaires, bouteilles en plastique et même le papier aluminium est très épais ! Je suis heureuse d’avoir trouvé ton blog et les adresses pour consommer plus « écofriendly », d’autant que j’habite près de l’Organic Market 😉 Merci !!!

    • Bonjour Anne, Ravie de lire que mon blog est toujours utile en Afrique du Sud, malgré mon départ. Oui, il y a beaucoup de choses effarantes là-bas, mais heureusement, de chouettes alternatives existent ! Je te souhaite une belle vie, profite à fond de ce magnifique pays.
      Et n’hésite pas à partager tes découvertes éco-friendly ou mises à jour sur le blog. A bientôt !

  2. C’est un plaisir de te lire à nouveau ! Et ce bilan est largement positif, et encore plus si tu compares avec quelqu’un en France qui a 2 voitures et ne prête aucune attention à son environnement :o)
    Il ne nous reste plus qu’à partir en Afrique du sud avec toutes ces bonnes adresses ! Je plaisante malheureusement pour ma part mais si quelqu’un est sur le départ cet article lui sera très utile ainsi que tes anciens écrits.
    J’ai hâte de te lire au présent :o) Belle fin de semaine

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