Expatriation : « Le plus difficile, c’est le retour »

« Le plus difficile dans une expatriation, c’est le retour »

Retour d'expatriationPartir… et revenir (sur une route déserte à vitesse limitée 😉 )(Golden Gate National Park, mars 2016)

 

« Le plus difficile dans une expatriation, c’est le retour ». Je tiens cette phrase d’un ancien collègue que j’apprécie beaucoup et qui se reconnaitra.

Oiseau de mauvais augure ou rabat-joie de service ? Non, une personne bienveillante qui sait de quoi elle parle après avoir roulé sa bosse dans plusieurs parties du monde.

Je ne voulais pas y croire : la tête pleine de projets, comment aurais-je pu imaginer que le retour en France – après une expatriation aussi enrichissante – puisse apporter le moindre nuage à mon ciel radieux ?

Et pourtant… De l’euphorie des premières semaines d’installation à La Ciotat aux questionnements existentiels post-expatriation, ces sept derniers mois n’ont pas été de tout repos sur le plan émotionnel.

Installée dans le sud de la France, au bord de la mer, au printemps, il y a pire comme cadre de retour. Mais force est de constater que j’ai sous-estimé l’impact de ce retour sur ma vie et celle de ma famille. Le retour d’expatriation, pour celui ou celle qu’on appelle de façon très glamour « le conjoint suiveur », peut effectivement s’avérer difficile. Une expatriation est synonyme de découvertes et d’aventures, avec sa part de rêve et de mystère. Un retour dans son pays d’origine, quel qu’en soit le cadre et les conditions, amène son lot (plus ou moins gros) d’incertitudes et de remises en question qui peuvent devenir sources d’instabilité.

7 mois. Longtemps. Et sinon, tu fais quoi de ta vie ?

espadrillesJe me la coule douce, pardi ! (Ile verte, La Ciotat, avril 2016)

 

La question qui tue. Et toujours ce besoin de se justifier.

Accomplir une ribambelle de démarches administratives aussi réjouissantes les unes que les autres pour redevenir des résidents sur le territoire français – Se coltiner Pôle Emploi – Tirer des plans sur la comète – Accompagner le lutin dans sa nouvelle vie – Réfléchir à une création d’activités – Effectuer des démarches en ce sens – Se poser des questions – Reporter le projet à 2030 – Découvrir la vie associative locale et s’impliquer – Faire du yoga – Se dire qu’on a le temps – Rencontrer de belles personnes – Rechercher une maison – Rater des maisons – Désespérer de trouver un maison – Partager de jolis moments en famille – Cuisiner végé – Se poser plein de questions – Se dire que le temps presse – Se mettre au vert – Partir en mission d’évaluation en Inde – Être heureuse de mettre à profit ses compétences et de se rappeler de quoi on est capable – Rendre des comptes – S’occuper du lutin – Gérer le quotidien – Rêver – Essuyer des coups durs – Essayer d’écrire –  Essayer de lire – Rénover un appartement – Zoner sur Internet – Rêvasser – Rechercher un emploi – Douter – Procrastiner – Se remotiver – Se poser des questions, beaucoup beaucoup de questions…

Les jours passent, inexorablement. Et j’ai du mal à réaliser que nous sommes rentrés il y a déjà 7 mois. Besoin d’une nouvelle dynamique.

L’année 2016 – qui avait d’ailleurs assez mal commencé pour nous rappelez-vous, agressés par un Afrikaaner le 1er janvier à minuit et demi en plein désert du Tankwa Karoo (!), va bientôt s’achever et je mets actuellement tout en œuvre pour que 2017 soit l’année du changement (et nous ne parlerons pas de politique ici, que les choses soient claires).

Pour ce faire, il y a quatre axes spécifiques sur lesquels j’ai décidé de travailler afin de m’aider à avancer :

positiver

Objectif 1 • Ne pas procrastiner, planifier ses tâches et tenir ses engagements envers soi-même

Ne pas laisser en suspens des tâches à accomplir, surtout celles dont j’ai horreur. Cela permet de se libérer l’esprit, d’être plus zen et de stimuler la créativité. Pour m’aider, j’ai acheté un agenda semainier Moleskine Pocket dans l’une de mes boutiques favorites de La Ciotat Le Cassetin du Diable, que j’ai légèrement customisé, et dans lequel je note non seulement tous mes rendez-vous mais également mes to-do lists hebdomadaires, et qui me suit partout. C’est tout bête, mais quand j’ai quitté mon travail, j’ai aussi lâché l’agenda électronique et je n’ai depuis jamais utilisé de moyens de substitution pour m’organiser au quotidien, si ce n’est le post-it qui traine ça et là et que je finis toujours par égarer… L’agenda, les listes et la rigueur que je m’impose pour ne plus remettre les choses désagréables à plus tard ont grandement contribué à améliorer mon quotidien.

Objectif 2 • Utiliser les réseaux sociaux et Internet avec parcimonie

J’ai toujours adoré me balader sur Internet en sautillant de liens en liens, jusqu’à y passer des heures. Je n’ai toutefois jamais été une lectrice de blogs assidue, ayant commencé à découvrir ce petit monde lorsque j’ai crée One Footprint On The World. J’ai ainsi commencé à suivre quelques blogueuses, mais de manière très irrégulière, passant plus de temps à rédiger des contenus et à les diffuser sur les réseaux sociaux tout en m’informant de façon globale, qu’à interagir avec les autres blogs.

Or, quand je suis rentrée en France, ma plume s’est progressivement asséchée. Page blanche. Plus le goût d’écrire. De blogueuse active je suis passée en mode internaute passive, faisant défiler frénétiquement les articles sur Hellocoton et les posts sur Facebook, et produisant de moins en moins de contenus jusqu’à ne plus rien publier d’autres que des photos sur Instagram. Et plus je lisais ce qui se faisait ailleurs, plus je perdais du temps sur Internet, et moins je n’avais le goût d’écrire. Un autre contre-coup post-expatriation.

Crise bloguesque. (Attention, je risque de m’attirer les foudres de certain(e)… mais lisez jusqu’au bout !) Les blogs Green sont très tendance en France, et à force de restreindre mes lectures à ce type de contenus, j’ai fini par totalement saturer. Noyée. Assez des articles sur les alternatives aux tampons jetables ou les routines beauté écolo-minimalistes ! Ras la casquette des tuto sur les cosmétiques maison bio ou les calendriers de l’avent en PQ ! Marre de chez marre des recettes de soupe de fanes de carottes et de banana bread ! Plein la nénette des tests et avis sur le dernier savon bio-vegan au curcuma et graines de chanvre enrichi au lait d’avoine 100% français car y a que ça de vrai ! Ras le pompon des photos standardisées aux mises en scènes idéalisées d’Instagram qui vendent du rêve pailleté en blanc et rose sous filtre vintage ! Bref, saturation totale de ce monde virtuel éco-responsable dans lequel je n’arrivais plus ni à me positionner, ni à voir ma valeur ajoutée.

En lançant ce blog, l’objectif était de raconter ma quête d’une vie plus simple et plus saine en Afrique du Sud, en partageant mes bons plans et idées pour réduire au maximum son empreinte écologique dans ce pays. J’étais bien dans mon petit pré carré. Personne pour me couper l’herbe sous le pied. Car ce qui m’attire dans l’idée de tenir un blog, c’est de partager de l’inédit, avec un angle neuf, un regard nouveau sur des sujets qui ne soient pas servis à toutes les sauces.

Aujourd’hui, je n’ai pas encore décidé si j’allais choisir un nouvel angle d’attaque, mais je suis toutefois parvenue à écarter ce sentiment de frustration un peu malsain qui bridait ma créativité. En m’éloignant d’Internet et de Facebook pendant quelques temps, j’ai pu prendre du recul et envisager à nouveau la blogosphère de façon positive. Et surtout, je me suis rappelée que c’est extraordinaire que nous soyons désormais si nombreux à s’être emparés de sujets relatifs à un mode de vie et un état d’esprit eco-responsables. En partageant des contenus similaires ou totalement distincts sur la toile, nous semons chacun(e) à notre manière des petites graines qui germent ici et là pour créer ensemble un monde plus beau, plus sain, plus solidaire.

Alors, vive les calendriers en PQ sous toutes leurs formes ! Et vive les blogs Green ! :-)

Mini code de conduite pour une utilisation raisonnée d’Internet, qui contribue à l’atteinte de l’objectif 1 : éteindre le wifi et mon téléphone vers 20h + ne pas rallumer le wifi avant d’avoir pris le petit-déjeuner + couper les data à l’extérieur et consulter Internet au besoin + couper les notifications sur le téléphone + instaurer un jour hebdomadaire sans Internet

Objectif 3 • Cultiver les bons souvenirs sans tomber dans la nostalgie et capitaliser sur cette expérience de vie pour construire la suite
Retour d'expatriationSe tourner vers l’avenir

 

C’était chouette l’Afrique du Sud, c’était beau ! La tentation serait grande de s’accrocher à ce passé jusqu’à en occulter certains aspects du quotidien qui étaient tout de même loin d’être glamour. J’ai pris le temps de faire le bilan à chaud de cette expérience : un bilan très enthousiaste mettant en valeur ce que j’ai acquis en un an et qu’il me sera utile de relire plus tard.

Il est également important de travailler à la transmission de cette expérience à mon fils de maintenant 4 ans, en stimulant sa mémoire régulièrement. Je me rends compte qu’il a déjà oublié beaucoup d’éléments de cette tranche de vie et je m’attèle en ce moment à construire pour lui un récit photos de son année sud-africaine, avec l’avant et l’après, à la manière d’un livre pour enfants. Cela l’aidera aussi à traverser cette période d’instabilité post-expatriation en intégrant l’Afrique du Sud à un tout cohérent, en rendant plus visible le fil conducteur des événements. Car dire que les enfant s’adaptent à tout n’est pas totalement vrai : ils s’adaptent, certes, mais il n’est pas évident que cela se fasse de façon totalement indolore.

Objectif 4 • Et toujours… moins râler, moins consommer !

Vous vous rappelez cet article au sujet de mes résolutions 2015 ? L’objectif était de parvenir à moins râler et moins consommer. Autant vous dire que je n’ai jamais fait le bilan de l’axe « Moins râler »… Je crains que ce ne soit cause perdue ! Bon, OK, je vais refaire des efforts, ce serait bien quand même… Il faut dire aussi que j’ai tout donné sur l’axe « Moins consommer », et là, je suis au top. Je vous dois d’ailleurs un bilan, c’était tout l’objet de ce blog soit dit en passant. Ce bilan est quasi-rédigé dans mes brouillons depuis le mois de mai… procrastination, quand tu nous tiens. Et, non, je ne vous ferai pas de promesse sur une hypothétique date de publication de mon bilan écologique sud-africain, ou je vais finir par me transformer en politicienne… Toujours est-il que l’objectif de diminuer ma consommation est l’une des décisions les plus positives que j’ai prises ces dernières années tant l’impact est considérable sur la vie quotidienne, et dans une moindre mesure, sur la planète. Cette analyse mérite de faire l’objet d’un article dédié.

…en ajoutant une dose de POSITIVE ATTITUDE !

 

A travers ce billet un peu pêle-mêle, je renoue avec le blog et avec l’écriture, mais avant tout avec celles et ceux d’entre vous qui apprécient me lire, en espérant que je saurai partager prochainement de jolis contenus. Merci de votre patience!

N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires ou à partager votre expérience si vous avez vécu une situation similaire après une expatriation. Des retours sur les crises bloguesques sont également les bienvenus !

+ d’articles sur l’expatriation :

A bientôt,

Meli Green Seed

 

Cet article vous a plu ? En voici d’autres qui devraient vous intéresser !

Expatriation en Afrique du Sud : mon bilan personnel

Bilan écologique de mon expatriation en Afrique du Sud [adresses inside]

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5 Commentaires

  1. Pas de souci :o) Bon week-end à toi aussi

  2. Bonjour ,

    Merci pour ton article qui reflète vraiment toute la réalité des retours ..
    La gestion du retour fait partie intégrante de tels projets et n’est pas la partie la plus simple.
    Car quelque soit ce qu’on y prévoit , si il n’y a pas quelque chose de vraiment prenant et motivant , la perte des surprises bonnes ou mauvaises, quotidienne rend le retour « fade » très rapidement … On se sent tellement vivant dans de tels voyages !!!
    La période la plus délicate est je trouve celle ou tu te trouves c’est à dire dans les 6 – 8 mois .. ensuite malgré tout ça va mieux surtout si on se trouve un os conséquent à mordre .. :-)

    On aura l’occasion d’en discuter à notre prochaine rencontre ..
    Bon courage
    Damien (Colibris)
    PS : J’en suis arrivé au même constat et la même démarche au niveau internet , moins lire de choses que je sais mais plutôt continuer à agir et montrer par l’exemple ..

    • Bonsoir Damien,
      Un grand merci pour ton commentaire… Ça sent le vécu 😉
      On aura effectivement l’occasion d’en reparler. En attendant, je te souhaite de belles fêtes de fin d’année. Que la nouvelle année donne naissance à plein de nouveaux petits colibris inspirés et inspirants…
      A très bientôt

  3. Ouh la la comme je me reconnais dans ton témoignage…Mais tellement ! Merci d’avoir eu le « courage » d’écrire ce genre d’article. J’ai longtemps hésité d’en écrire un sur ce fameux retour en France mais je n’en ai pas eu le courage :)
    Il faut en effet garder positif qui est en nous et ne pas tomber dans la nostalgie. Moi le plus dur c’est de revenir en région parisienne…que j’ai voulu finalement « fuir » lorsque je suis partie en Afrique du Sud. Nous sommes maintenant installés après 3 mois chez les uns et chez les autres et on s’y sent bien…Mais on sait que ça ne sera pas éternel. La région parisienne ne nous convient pas…après une telle expérience en Afrique du Sud (malgré la fin de e notre aventure avec notre cambriolage…d’ailleurs j’ignorais pour votre agression) on se rend compte qu’on recherche encore et toujours la nature. Vous êtes dans le sud c’est super. J’espère que nous aurons l’occasion un jour de nous rencontrer. Eh oui qui sait ? A bientôt et encore merci pour ce partage :)

    • Coucou Marlène ! Un grand merci pour ton message et le partage de ton expérience. Je crois que les retours d’expatriation ne sont effectivement évidents pour personne. Ecrire ce billet m’a fait beaucoup de bien et je suis heureuse qu’il fasse sens pour toi.
      Bravo pour ta série de portraits de rêveurs, c’est très chouette :-)
      J’ignorais moi aussi que vous aviez été cambriolés en Afsud… la mauvaise surprise pas cool de fin de séjour.
      Si tu passes près de chez moi, n’hésite pas à me faire signe. Je serais ravie de te rencontrer !
      Bises et à très vite

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